Médias tremplin ou tremplin des médias ?

Mermonte au tremplin Jeunes Charrues
Mermonte au tremplin Jeunes Charrues

Je sais pas vous mais la déontologie et l’économie des médias semblent être au coeur des préoccupations ces derniers temps, vous trouvez pas? Que ce soit :

-le Doritos Gate qui a remis en cause l’objectivité des journalistes spécialisés dans le jeux vidéo,

-les conséquences du rachat de Rue 89 par le Nouvel Obs,

– le manifeste de la revue XXI

– le mini scandale de Free qui enlève les pubs (et aux passages coupent les vivres à plein de sites) etc.

Le fonctionnement et le système économique des médias est complexe. Encore plus dans la phase de transition que nous connaissons. Bref, passons au sujet du jour.

Pas plus tard que mardi dernier, je regardais l’émission Nouvelle Star avec une amie non sans un certain sens du second degré. Je ne reviendrai pas sur la nullité des candidats, mais ce genre d’émission nous pose la question sur une chose :

Est-ce le rôle des médias de révéler des artistes ?

Parce que tous s’y mettent ou s’y sont mis ! Nouvelle star pour D8, Star ac’ pour je-sais-plus-qui, Rock’n Folk avec ses soirées aux Gibus, les Inrocks avec les Inrocks Lab,  j’en passe et des meilleurs… OK j’abuse un peu, c’est pas franchement la même chose. Mais vous voyez l’idée.

Si en soit, l’idée de tremplin est appréciable, son rapprochement avec les média me semble plus dommageable. Pour les médias mais avant tout pour les artistes. Un musicien ne doit pas plaire au média, il doit plaire à un public, son public. Quant à un média, il doit certes séparer le grain de l’ivraie mais ne doit pas participer à ce genre processus. Car le but d’un tremplin est d’aider un artiste dans son projet créatif, de lui montrer où il peut aller, son potentiel et de lui en donner les moyens avec le prix du tremplin (un enregistrement, une date ou du matos en général).

Un média est là pour présenter un projet fini, suffisamment solide pour tenir face à un public divers. Il aussi là pour faire découvrir d’autre voix non pas aux artistes, mais à leurs lecteurs, à leurs auditeurs, téléspectateur etc…

Une nuance qu’il ne faudrait pas confondre, au risque de crer un univers formaté aux gouts de ces médias (aussi bon soient ils)… Car c’est l’art qui doit être en avance sur la société et ses relais médiatiques, et non pas l’inverse.

PS: article écrit pour l’édito de Tracks & Breakfast émission de radio hebdomadaire que je co-anime avec Pauline de French Music Academy et Céline de Shake The Net